Dans les années 1960, la SNCF possédait des locomotives de grandes puissances. Mais il restait encore des progrès à accomplir.

La compagnie nationale voulait, d'une part, une machine toujours plus puissante, si possible avec un seul moteur. Mais d'autres part, la technologie d'alors ne permettait pas de projeter une augmentation de la puissance des moteurs Diesel Légers et rapide. Puisqu'il était alors impossible pour les génératrices d'absorber ce surplus de puissance. Il fallait inventer un nouveau groupe électrogène !

Dés 1961, le projet fut lancé : la société MTE développa une transmission électrique « Triphasé continu ». Cette transmission, alors unique au monde, fut rendu possible grâce à l'utilisation de puissantes diodes au silicium. L'alternateur, d'un poids de 3 800 kg, contre 4600 kg, pouvait absorber une puissance de 3600 ch. Cette transmission permettait également de pouvoir chauffer électriquement les rames de voyageurs. C'est la première fois qu'une locomotives Diesel pouvait alimenter directement en chauffage et en énergie électrique une rame de voitures voyageurs. Ce qui éliminait l'utilisation de fourgon Chaudière.

Monté sur la BB 67036, cette machine fut alors le prototype des BB 67300. Le moteur Diesel fut réglé à 1765 kW (2400 ch), soit la puissance nominale recommandée par l'UIC. L'excédant de puissance par rapport aux BB 67000, pouvait être utilisé suivant les périodes de l'année pour le chauffage des train de voyageurs, sans altérer les performances de traction ! La masse de l'équipement de chauffage était de 320 kg et comprenait essentiellement :

  1. Un contacteur de ligne de train

  2. Un relais de surcharge

  3. le câblage

  4. et les coupleurs.

Les locomotives sont en outre équipé des systèmes de signalisations suivant :

  1. le Contrôle de Vitesse par Balise (KVB)

  2. la répétition des signaux

Une partie de cette série sont réversibles : elles peuvent tirer ou pousser des segments RIO et RRR.

Le 15 Décembre 1965, la SNCF passa une toute première commande de 10 machines, puis 40 nouvelles locomotives furent acquises le 8 Octobre 1966. Un avenant, daté du 06 Janvier 1967, à la commande du 8 Octobre 1966, permit de commander 70 unités supplémentaires. Ces locomotives étaient construites en collaboration par :

  1. les établissements Brissonneau et Lotz (la Rochelle) : la caisse et les équipements thermiques,

         pneumatiques et électrique

  1. la société MTE (Schneider Creusot, Jeumont Schneider) et la société Oerkilon pour les bogies

         et les machines électriques tournantes

  1. Chantier de l'Atlantique, Départements « moteurs » à Montoir de Bretagne pour la partie

         thermique.

Enfin, 20 dernières machines furent livrées entre 1974 et 1979, mais celle-ci était issues des transformations de BB 67000. Cette opération de transformation fut opérée par l'atelier de Nevers.

 

Les locomotives BB 67300